Je l'abandonne en train de courir sur la route.
Et voilà que ça se met à me tracasser.
Qui sait ce qui se passerait si je ne l'abandonnais pas ?
Après tout, elle n'a rien demandé, c'est moi qui l'ai créée de toutes pièces, et à y réfléchir, je ne l'ai pas mise en situation confortable.
Je me secoue.
Advienne d'elle que pourra.
Je la retrouverai un jour et je verrai alors ce que je ferai d'elle. Pour l'instant j'ai plusieurs autres chats à fouetter.
Il va falloir que je tienne le coup. Je ne m'y attendais pas du tout.
Devoir me préparer à tenir le coup me rend perplexe. Un coup, c'est bien la dernière chose que je sais tenir. Je ne sais pas prévoir d'où il va tomber, avec quelle force et sous quelle
forme. La forme est importante quand vous voulez tenir quelque chose. Il n'est pas indifférent que ce que vous vous proposez de tenir soit rond ou carré, vous ne vous y prenez pas de la
même façon, votre corps anticipe à partir de la forme de ce que vous allez tenir, afin de le tenir correctement.
Un coup, c'est un ça, comment tenir un ça ? ça tombe, ça fait mal, ça réveille ou ça assomme, c'est un ça.
Le médecin me regardait comme un soldat qui encourage un soldat de la même armée dans un combat commun. Nous n'étions pourtant pas du même côté lui et moi, ni du bureau, qui était le sien, ni de
la maladie, qui était dans mon corps, pas dans le sien.
J'allais devoir tenir le coup.